Comment dire Comment taire

"Une femme qui a un amant est un ange,
une femme qui a deux amants est un monstre,
une femme qui a trois amants est une femme.”

Victor Hugo
Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 14:13

Chers hères, chers visiteurs,

Je souhaitais certes que ce blog soit noyé dans la masse, mais pas au point d’accepter qu’on m’impose, sous menace de ne plus avoir accès à l’interface d’administration, de cocher, entre autres, les options suivantes:

  • Overblog est légalement propriétaire du contenu du blog
  • Overblog impose un référencement sur son espace pornographie
  • Overblog impose pop-up, pop-under et autres joyeusetés d’une attraction discutable en opt-out. Et il faut une certaine patience et une certaine connaissance de ce type de plateforme pour les débusquer, ce qui n’empêche pas l’hébergeur de les rendre à nouveaux opérationnels quelques jours plus tard.

Je vous invite donc à suivre la migration vers No Sex Last Night version Wordpress, et à mettre à jour vos liens, liants et autres fils. Cet espace-ci ne sera plus mis à jour, et s'autodétruira d'ici peu.

Mes excuses et mes regrets aux auteurs des commentaires, commentaires qui malheureusement n'ont pas survécu au transfert... 

Par NoSexLastNight
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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 11:35

 

(3) Laura: Je ne suis pas sa mère, juste son amie. Et c'est un gars bien. Vraiment. Un vrai. Un grand. Un preux. Un qui mérite des égards. Du doigté. De la délicatesse. Fais attention à lui, ne le secoue pas trop fort.

Nous sommes assises en angle sur le plus haut gradin, chacune le dos appuyé à un mur différent. Nous chuchotons. 


Elle: Pourquoi tu me dis ça ? Il se plaint ?


Nous ne sommes pas nues, comme nous avons évité d'être nues en présence l'une de l'autre toute la soirée.C'est sûrement la seule dont je n'ai vu le corps ce soir.
 

Laura : Non, non, il ne se plaint pas :) Pardonne moi, c'est moi aussi qui fait sûrement un peu ma mère poule. Juste, je crois que tu l'entraînes dans un tel tourbillon qu'il a peut-être un peu de mal parfois à retomber sur ses pattes. Et que parfois, des incursions dans son monde à lui, c'est justement ce qu'il lui faut pour avoir envie de revenir vers le tien ensuite.
 

Je la devine à peine dans la vapeur et la pénombre. Par contre, je perçois très distinctement la langue de Laurent entre mes lèvres. Une main sur sa joue, j'appuie son visage sur l'intérieur de ma cuisse, parce que j'aime cette douceur et cette caresse.
 

Elle: Mais qu'est ce que je fais de travers ? Je ne lui mens pas, je le consulte, j'essaye d'être attentive...
 

Le surréalisme, la perversion presque de la situation m'amuse. Mais vu les heures qui s'écoulent à l'abri de ces 4 murs, suis-je encore en mesure de m'ébaudir et de faire ma gourde ?
 

Laura : Ce n'est pas ça. Juste, les soirs où tu n'es pas avec lui, es-tu vraiment obligée de lui raconter par le menu ce que tu vas faire ? Il sait que tu jouis sans lui. Et il ne te le rapproche pas. Mais es-tu obligée de lui raconter en détail le plaisir que tu vas ressentir indépendamment de lui ? Ces moments-là, il n'est pas avec toi. Laisse le prendre son plaisir à lui à d'autres activités qui n'ont rien à voir avec ton monde. Raconte lui après. Mais quand il n'est pas de la partie, laisse-le profiter de son temps, de son plaisir à lui dans son monde à lui.

Je ferme les yeux. La tête abandonnée contre le mur, je profite.

Elle : S'il est jaloux...


Laura : Je ne pense pas que ce soit de la jalousie. De toute façon, qui peut se permettre d'être jaloux avec toi ? C'est plus du regret de ne pas « suffire », même s'il sait que personne ne suffit jamais. Du regret de ne pouvoir partager ces moments-là aussi avec toi, même si leur intérêt est justement aussi que vous ne les partagiez pas, du moins pas de cette façon. Raconte lui après. Mais ne le torture pas avant. Et laisse le vaquer à ses occupations sans arrières pensées.


Elle : Aie ! Laurent, fait attention, doucement...

Tout penaud, Laurent murmure une excuse, et réintroduit ses doigts entre les cuisses grandes ouvertes de Justine.



 

Par NoSexLastNight - Publié dans : Flash(s)
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 19:01


(2) Je remonte les escaliers les mains calées au fond des poches. Pieds nus dans les baskets, cul nu dans le jean's, seins nus dans la veste zippée jusqu'au menton, cheveux mouillés. Un homme est en train de se déshabiller, et ses yeux s'exorbitent alors que mes seins jaillissent de la veste, et qu'il se rend compte que oui, à part pour l'essentiel, je viens de passer 15 minutes sur le trottoir à fumer une cigarette complètement nue.
 

(1) Comme une petite fille, j'aimerais qu'il me tienne la main pour me rassurer mais je n'ose même pas ne serait-ce que le frôler. Et puis, même si le ridicule ne tue pas, il humilie. Et si je n'ai certes rien contre l'humilité, je gère mal l'humiliation.
Nous déambulons, et il me fait les honneurs du lieu, le sourire en coin, la voix du GO faussement joviale. Je le sens attentif à mes réactions, désirs, répulsions, impulsions. Je suis encore plus terriblement intimidée que d'habitude. Je reste en retrait. J'observe surtout mes orteils. J'écoute. Je hume, je ferme les yeux, tentant de me plonger dans l'atmosphère du lieu. Il me regarde à la dérobée. Il a peur pour moi, il a peur pour lui. Et puis il a peur pour nous aussi, sûrement.
Nous déambulons benoîtement, amusés par la situation et l'ironie acide de ses commentaires fonctionnels. Une fois le tour complet du lieu effectué, nous tenant toujours très poliment à 10m l'un de l'autre, il se tourne vers moi. « Alors, tu veux faire quoi ? ».
 

(3) Nous sommes dans une embrasure, et ses épaules me masquent ce que lui regarde. Il me tient tendrement par la main, la pulpe de ses doigts jouant délicatement avec ma paume. Peu à peu, son corps passe l'angle, et le voilà happé à l'intérieur de la pièce. Sa main est restée en arrière, et à l'aveugle, elle m'invite, m'encourage, « viens avec moi Laura, viens avec nous, viens, n'aie pas peur ». Je reste sur le pas de la porte, accrochée à sa main, accrochée à cette main qui après une dernière caresse rejoint son propriétaire à l'intérieur.

Je reste sur le pas de la porte, les yeux baissés, le cœur à 400 à l'heure, sottement honteuse, terriblement sotte, sottement pétrifiée. Un corps se plaque alors contre mon dos, et une main totalement inconnue mais néanmoins très  décidée s'enhardit sur une partie très privée de mon épiderme. Me retournant à demi, je la repousse sans même regarder le corps ou le visage auxquels elle appartient, poliment mais fermement. Mais le mal est fait, et ce mouvement de recul m'a en fait repoussée aux premières loges.

Mes yeux tombent d'abord sur Laurent, qui a récupéré ses deux mains, agenouillé entre les cuisses de la si belle Anne dont le parfum délicieusement lourd enveloppe toute l'assemblée. Quelqu'un ou quelqu'une l'embrasse voluptueusement tout en caressant sa peau satinée. A leurs côtés, appuyé sur un coude et un demi-sourire aux lèvres, Philippe me contemple, mi-moqueur mi-amusé. A son tour, il tend la main vers moi et m'invite, « viens Laura, viens ». Ses mots chuchotés me bercent, sa voix mesurée m'apaise, son regard me défie tout autant qu'il m'enrobe : il m'apprivoise. On se bouscule derrière moi, on me frôle, on s'enquiert. Ma voie de secours est bloquée. Je n'ai plus le choix que d'avancer ou de partir en bousculant tout le monde.

Mes yeux paniqués s'accrochent au regard de Philippe, à sa main tendue, à son sourire. Je m'élance alors vers lui comme on se noie. Blottie dans ses bras, sauvée des eaux, j'oublie tous ces autres, et le laisse m'immerger dans leur chaleur.


(2) Je pousse la porte seule, la tête haute et la morgue à la bouche, mais mon rythme cardiaque est en train de déclarer la guerre civile à l'ensemble de mon corps. Du haut de mes 159 centimètres, mes yeux toisent l'immense bar. Trop tôt ? Pas le bon soir ? L'assemblée est clairsemée comme on dit.
Je fais le tour de l'endroit. Personne dans le jacuzzi. Personne en environnement humide, personne en environnement sec, personne nulle part.

Un temps éternellement  long plus tard, je suis toujours assise au bar, et je tente de battre le record du monde de lenteur de sirotage de coca. Diana Ross susurre et miaule en fond sonore. Les regards se dérobent, les conversations sont en huit clos. Je m'ennuie, terriblement. Mon corps crispé craque de partout. Et surtout, je me demande ce que je fais là au milieu de ces fantômes recroquevillés aux regards apeurés, fantôme parmi les fantômes, perdue, esseulée. Je liquide alors mon verre d'une paille rageuse mais surtout immensément déçue.

Mes yeux errent une dernière fois, et s'attardent sur mon immensément gironde voisine de comptoir. Ses yeux acceptent de croiser les miens et bientôt me sourient. Première lueur dans la pénombre. Je décide alors de me donner une dernière chance. J'arbore mon plus beau sourire. « Bonsoir ? ».
 


Par NoSexLastNight - Publié dans : Flash(s)
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Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /Avr /2009 18:58

Immobiles, nous nous émerveillerions de ce nouveau contact. Un instant, rien qu'un instant à savourer la découverte toujours renouvellée, toujours différente, toujours intrigante du sexe de l'autre. Mon sexe autour du sien, le sien figé au coeur du mien. Savourer cet emboîtement, dans toute sa familiarité et son étrangeté. Savourer ces quelques instant de (re)découverte. Savourer cette nouvelle et ultime connaissance du corps de l'autre. Je ne sais lequel des deux commencerait à bouger, mais très vite, je sentirais l'étincelle cliqueter au fond de mon ventre. Sûrement, mon pouls s'accélérerait encore. Sûrement, mon sexe, mes mains et mes cuisses agripperaient son corps dans cette vaine quête de la fusion physique. L'étincelle se ferait flammèche, attisée par ce sexe tapi au creux du mien, me guidant vers les vertiges des haut sommets, activant en moi cette miraculeuse spirale de l’ascension. Je sentirais alors son corps se mettre à vibrer en parallèle du mien, ses gestes se faire saccadés, chaotiques. A son tour, il deviendrait aveugle et amnésique, guidé uniquement par cette force brute de la spirale que mon sexe aura contribué à enclencher. J’entendrais aussi sûrement un autre souffle se faire plus rauque dans mon oreille. Un autre corps se plaquerait contre mon dos, supportant mes reins, deux mains ancrées à mes seins alors qu’un autre sexe battra la chamade contre mes fesses. Mes mains à moi partiraient alors à la recherche de ce troisième sexe, et le ramèneraient jusqu’à ma bouche. De son plaisir au contact de ma langue s’intensifierait alors encore le mien, et de mon plaisir ayant ainsi atteint encore un nouveau contrefort, le sexe palpitant en moi se ferait alors encore plus tendu et plus explosif. Je commencerais alors sûrement à jouir, le plaisir partagé avec l’un attisé par le plaisir offert à l’autre, lui-même poussé dans ses retranchements par le plaisir que nous lui renverrions. Le cercle vertueux du désir, qui s'échange et se nourrit du plaisir des uns des autres, le cercle vertueux du plaisir, où transmettre c'est recevoir en écho au centuple. Je commencerais alors à jouir pour de bon, de ce plaisir imprévisible, incontrôlable, infalsifiable.  Mais à jouir de l’intérieur cette fois-ci. La flammèche aura laissé place à la vague qui se mettra à enfler dans mon ventre, cette immense vague qui, en se recroquevillant sur elle-même, laissera un sillage d’agonie avant de venir se fracasser à l’intérieur de tout mon corps, emportant tous les neurones sur son passage. Le tsunami hormonal. Une immense vague, suivie de 3 ou 4 répliques, noyant mon cerveau dans une intensité de plaisir qui me laisse toujours pantoise... Tout le miracle du sexe, ces sensations jamais acquises, toujours en suspension, miraculeuses de fragilité et de dévastation. Mon corps dans son intégralité serait alors parcouru de myriades de filaments incandescents, irradiant tous les pores de ma peau. Exsangue, drainée, noyée, perdue. Vierge de toute pensée, planant indéfiniment  sur le palier supérieur du shoot. Nos trois corps étroitement soudés, nous glisserions dans la douceur de l'après. Nos souffles se ralentiraient, nos lèvres se blottiraient contre l'épiderme le plus proche. Black out. A mon réveil, une bonne quinzaine d'heures sans rêves plus tard, ils auraient tous deux disparus. Seuls les draps épars et notre odeur à tous trois témoigneraient à charge de notre nuit. En sirotant le premier café du matin et en mode automatique, je parcourrais alors rapidement les rss du monde. Pelotonnée dans un immense peignoir blanc, et avec pour seules armes le second café et la première cigarette, je m'attaquerais alors à la première des 15 heures de dépilage de "to do asap". 

 

NotaBene
Lui: Etonnant pour quelqu'un qui se repaît de littérature de l'imaginaire, de s'astreindre à n'écrire que le réel...
L: ...
Par NoSexLastNight - Publié dans : Divagations
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 18:38
"Baise-le et passe à autre chose."

Tu ne peux pas le savoir Raf, mais c'est un joli crochet du droit que tu m'a envoyé là. 

Baise-le et passe à autre chose. Mais avec plaisir. Une seconde fois même, et pourquoi pas une troisième. Après tout, baiser et passer à autre chose, n'est-ce pas le chemin que suit Laura depuis tous ces mois? Le hic, parmi la montagne de hics, c'est que lui, ce n'est pas uniquement Laura qu'il voudrait baiser et puis passer à autre chose. C'est aussi une autre L., une bien plus ancienne et une bien plus silencieuse ces derniers temps, justement. Une autre L. dangereusement mâtinée d'une certaine S. aussi. Ce sont les 3 qu'il voudrait baiser. Et bien pire, ce sont les 3 qu'il voudrait aimer.

L'amour, le désir, la libido, le fantasme. La quadrature du cercle/sexe.

Baise-le et passe à autre chose. Le baiser, et passer à autre chose. B.a.i.s.e.-.l.e.e.t.p.a.s.s.e.à.a.u.t.r.e.c.h.o.s.e.

Après 6 ans d'amitié de près en loin, 6 ans de soirées et de confidences, 6 ans de confiance et de rires, 6 ans de périodes fastes et de crises, 6 ans à accumuler de son côté toutes les femmes les pires pour lui, 5 ans du mien à faire semblant de ne rien voir, parce que je ne veux surtout pas savoir. 

Après 1h30 passée à l'embrasser comme une midinette sur le boulevard le plus fréquenté de la capitale... 
L.e.b.a.i.s.e.r.e.t.p.a.s.s.e.r.à.a.u.t.r.e.c.h.o.s.e.? You just have to be joking.
Par NoSexLastNight - Publié dans : Laura
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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /Avr /2009 14:01

Deux minutes. Entre sa proposition, le rapide parcours de son book, et l'évidence qui s'impose. Oui. Oui, je suis intéressée. Oui, je peux me rendre disponible. A sa demande, je lui envoie des esquisses de reflets. Ils semblent lui plaire, mais là n'est ni la question, ni le propos.  Il insiste pour se rencontrer avant, pour parler, pour expliquer. Je n'en ai pas besoin, je sais ce que je fais. Ses photos m'ont convaincue, mais il ne sait pas encore que quand j'ai décidé quelque chose, je m'y tiens. Un rapide verre lundi soir. Un brief. Quoi, comment, où. Nous confirmons la séance pour le lendemain. 

Cool, calm and collected. 

Je n'ai pas peur. Etonnamment, je n'ai pas peur. La femme de 34 ans qui a mis tant d'années à ressentir le regard et le désir des hommes autrement que comme une insulte ou une menace, la femme qui souvent encore s'uniformise informément pour se fondre, la femme qui aura mis presque 20 ans à s'autoriser à passer du terme "fille" au terme "femme" pour se désigner elle-même, cette femme qui restera à jamais commune, petite, carrée et ronde... Cette femme, c'est toujours moi... Mais plus seulement.

Je suis là, plus tout à fait habillée et pas tout à fait nue, devant cet homme inconnu qui serpente sur le parquet, caché derrière un objectif plus gros que sa tête. Dans cet appartement qu'on lui prête pour ses "projets personnels", je l'écoute avec attention et j’applique ses consignes. Je le laisse faire son travail, et j'essaye de faire le mien au mieux. Et ce soir, mon travail, c'est le sien. Fixer le regard, ou au contraire le perdre,  le cacher derrière mes boucles brunes, contraindre le corps, l'épaule, le dos, cambrée, penchée, droite, la hanche plus ouverte, la jambe plus tendue… Parfois, je devance; parfois, de longues secondes s'écoulent avant que je ne parvienne à traduire son regard à travers mes gestes ou mes brusques arrêts. Il cherche les angles, il triture ses iso, il explore le détail ou au contraire l'attitude. A sa demande, mon corps et de mon visage se souviennent et bandent leurs muscles à sa volonté: la chasseresse, la bécassine, la dominatrice, la petite fille, la fâchée, l'espiègle, la glaciale, la joueuse, la pin-up, l'abandonnée, la conquérante, l'oubliée, la langoureuse, la trash. Ce sont tous ces visages et d'autres encore sûrement qui défilent sur ses cartes SDHC, s'égrenant à travers ces heures qui défilent. 

Il m'avait prévenu qu'il était silencieux. Mais notre silence de ne me gêne pas. Nous sommes dans une collaboration pragmatique. Nous faisons des photos. Et nous nous appliquons et l'un et l'autre de notre mieux. Etonamment, l'érotisme de la situation met un long moment à m'éclater au visage. Je suis ses directives, et je ne me pose pas de questions. C'est bien. Nous n'avons pas la même vie. Nous n'aimons pas la même musique. Du tout. Et nous sommes aussi acharnés l'un que l'autre à défendre nos préférences. La discothèque étrangère à l'un comme à l'autre n'offre comme no man's land que le Dark Side le plus célèbre au monde. C'est donc accompagnée par, entre autres, les extraordinaires volutes vocales de Clare Torry que je cambre, plie, délie et ébouriffe devant cet objectif qui navigue du bout de la pièce au bout de mon nez en 15 étapes intermédiaires de flash. Toujours, il jette un œil à la photo qu'il vient de prendre. Parfois, il lève les yeux vers moi, et je vois à son sourire et son regard qu'il a réussi à le fixer en pixels, ce regard. Car c'est son regard, sa vision à lui. Pas les miens. Pas comme j'aimerais être ou paraître, et encore moins telle que je m'imagine. Juste, telle qu'il me voit ou qu'il m'espère. C'est sa création. Je ne suis qu'un prétexte, un support. Mais ça fait partie du deal, et ça me convient. 

Après plusieurs heures à explorer toutes les lumières et les couleurs de l'appartement, nous revenons à l'encadrement d'une porte, point de départ de notre périple. Il écarte alors son objectif et m'embrasse, délicatement, comme une question. Je ne m'y attendais pas. Ou pas vraiment. Peut-être parce que malgré toutes les errances de ces derniers mois, je ne sais toujours pas deviner le désir que je peux susciter. Deviner ou admettre? Nous plaisantons sur le choix du canapé, et alors que je jouis une seconde fois empalée sur son corps, la pression de ses mains autour de mon visage et les paillettes nuancées de regret qui traversent son regard en rafale m'indiquent que c'est dans son esprit qu'il est en train de fixer des images. Mais ce regard-là, et ce sourire-là, je crois que jamais je ne saurai les arborer sur demande.

Bien sûr, nous avions évoqué la question lors du brief. En rougissant comme un gamin, et après diverses circonvolutions, il avait fini par admettre que oui, cela lui arrivait de coucher avec ses modèles, mais que ce n'était ni obligatoire ni systématique. Il avait souri alors que je lui expliquais que dans le cadre de mon propre projet artistique, c'était une condition sine qua none. 

Je ne suis pas sûre de vouloir voir les photos. Les avoir fait me suffit.

Je ne sais pas ce que je vais en faire, de son regard sur moi qui n'est pas moi tout en l'étant sûrement un peu. Les enfouir au fond d'une archive triplement protégée. Abriter des tirages en lieu sûr sous enveloppe scellée. Je ne sais pas.  Les garder en tout cas. Les garder pour plus tard. Les garder pour me souvenir, comme tous ces textes. Les garder pour les longues soirées d'hiver de la vieillesse, les garder pour me souvenir qu'un jour j'ai été cette femme de 34 ans. Pas spécialement jolie, pas spécialement bien faite, percluse de complexes et hantée par le regard des autres. Mais aussi capable de regarder un objectif les yeux dans les yeux, les cuisses grandes ouvertes. Une femme capable d'oser, une femme capable d'assumer. Une femme qui aura sûrement beaucoup de remords. Mais, le temps aidant, un peu moins de regrets.

 

Par NoSexLastNight - Publié dans : Laura
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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /Mars /2009 13:57
Nous resterions là enchevêtrés, silencieux. Une tête tapie au creux de mes cuisses, l’autre enfouie dans mes longues boucles brunes. Et nous respirerions ensemble, tous les trois. Rêveurs. Sereins. Il y aurait cette sensation si contradictoire que laisse l’orgasme clitoridien dans son sillage, cette ambiguité insoluble entre libération nerveuse et exacerbation du corps. Sûrement, la pointe de mes seins serait toujours en quête d’une bouche, et sûrement mon épiderme se révèlerait rêche, de cette réaction qu’à parfois la peau lorsqu’elle se sent agressée mais surtout d’un seul coup abandonnée par ce toucher qui pourtant était absolu encore quelques instants plus tôt. La faim apaisée, la volupté alors pourrait enfin imposer son désir, ce désir là, au creux du ventre, ce feu qui couve, ce feu qui gronde, celui qui ne peut être éteint que par l’autre orgasme, celui qui emporte tout sur son passage, celui qui anéanti, l’orgasme vaginal. Ces quatre mains alors à nouveau se perdraient à travers mes courbes, parcourant alors monts et vallées, languissant dans leurs recoins préférés, les bouches et les dents y dédicaçant leur passage comme sur l’écorce des arbres et je serais complètement cernée.  Cernée et surtout perdue dans ce maelström de sensations. Quel corps sous moi et quel corps sur moi, à qui ces lèvres pour ce baiser sans fin, à qui ce sexe dressé contre le mien, à qui ces dents mordillant ma nuque, à qui ces doigts caressant cette jonction fatidique entre le ouatiné des cuisses, la chute des fesses et le sentier menant à l'interstice, cette frontière indicible où échouent toutes les errances, ces quelques centimètres carrés de peau qui font toute la différence. Qui, quand, quoi, comment, je ne saurais et ne voudrais surtout pas savoir. Eparpillée entre ces dix doigts, ces deux langues, ces centaines de milliers de cheveux, ces deux sexes reliés à ces deux corps, je serais perdue. Perdue, mais surtout, amnésique. Amnésique, et donc libre. Parce qu’enfin, j’aurais tout oublié. Tout. Mon identité. La leur. L’avant et l’après. Enfin, je ne serais plus que maintenant. Un maintenant éternel, sans barrières, sans pensées et sans contraintes. Un sexe alors se fraierait un passage à travers le mien, et c’est sûrement avec regret que je le sentirais glisser si facilement en moi, guidé sans que je puisse en saisir toute l’extraordinaire étrangeté et extériorité par le vallon détrempé qui le mènera au plus profond de mon corps. 
Par NoSexLastNight - Publié dans : Divagations
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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 23:20

Dans l’absolu, ça commencerait par un bain. Une salle de bain blanche, une grande baignoire, de l’eau très chaude parfumée. Citron vert, mangue ? Quelque chose de léger et de pas trop sucré en tout cas. Lumière douce et RAMP, Roy ou Erykah en fond sonore. Ou une sélection spéciale Dieu. Voilà. Je me plongerais alors intégralement dans cette immense masse d’eau brulante, et je m’y perdrais un temps indéterminé. Mais longtemps, sûrement. Juste flottant entre deux eaux, bercée par mes propres battements de cœur, les yeux fermés et l’esprit vide. Je me laisserais aller à la chaleur de l’eau, qui entamerait peu à peu la raideur de mes muscles, la crispation de toutes mes attaches. Juste flotter là, l’esprit vide et respirer. Au moment où je me sentirais prête à glisser dans le sommeil, je commencerais alors à me savonner longuement et intégralement, prenant plaisir à faire mousser le savon sur la souplesse de ma peau, faisant jouer mes muscles de nageuse sous mes mains, annihilant les boucles de mes cheveux sous le poids de l’eau et gratifiant mon crâne d’un long massage. Je sortirais alors de la baignoire, et prendrais soin de me sécher dans une immense serviette blanche, frottant mon corps dans tous ses recoins pour redonner un peu de lustre et de douceur à mon épiderme. Abandonnant la salle de bain pleine de vapeur, je passerais alors dans la chambre, et ils seraient là, à m’attendre. Ils n’ont pas clairement de noms, ni de visages ni de corps. Mais ils auraient des mains. Quatre mains. Quatre mains pour moi. Quatre mains, grandes, douces  et fraiches. Je m’allongerais alors sur le ventre au cœur d’un lit sans frontières, et ils commenceraient l’ascension de mon corps tant par la face sud que par la face nord. Au nord, des mains sur ma nuque et sur mes épaules, descendant vers ces reins si fragiles. Au sud, des mains jouant avec mes orteils puis remontant peu à peu vers mes mollets et mes cuisses. Quatre mains chaudes qui se croiseraient sur mes fesses, se disputant amicalement un espace sur mon épiderme rebondi, avant de remonter ou de redescendre pour mieux revenir. Muscle après muscle, articulation après articulation, ligament après ligament, mon corps peu à peu se réchaufferait de l’intérieur et retrouverait toute son agilité et toute sa souplesse.  A leur guise, mon corps chavirerait en tous sens, sur le ventre, sur le côté, sur le dos, leurs quatre mains creusant mes muscles, pétrissant mon épiderme, leurs quatre mains se confondant en une vague de chaleur générale. Entièrement abandonnée, j’aurais les yeux fermés, et je ronronnerais. Au cœur de ce toucher, une sensation mouillée ferait alors son apparition sur mon tableau de bord des sens, une sensation, et puis deux. Deux langues, en alternance sûrement avec de délicieux mordillements, qui feraient courir des frissons tout le long de mes 159 cm. Deux langues mêlées à ces quatre mains, qui s’attarderaient sur tous ces points névralgiques trop souvent négligés par les hommes, la nuque, le creux de l’avant-bras et du poignet, la face cachée du genou, l’intérieur des chevilles… Une langue finirait alors par échouer sur mes lèvres, tandis que la seconde irait à la découverte des autres. De ce double baiser, lent, suave, et habile naitrait la première jouissance. Rapide, éphémère, nerveuse presque. Un plaisir libérateur, de cette sorte qui attise plutôt qu’il n’apaise. Les mains crispées sur leurs deux nuques, je leur gémirais mon émerveillement.

Par NoSexLastNight - Publié dans : Divagations
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 20:33

Je ne me souviens pas de la dernière fois que où j'ai joui.

Etait-ce les yeux dans les yeux avec toi, mon Joli Jay, ou bien dans tes bras à toi, tendre S. ? Ou peut-être bien entre les vôtres, mon aimé…

Je ne sais plus. Je ne me souviens pas.

Les journées sont des tunnels de « to do ». Les nuits  sont hantées de checklists fébrilement compilées. Les weekends ne sont plus que des alternances de puits de sommeil et de moments d’intense travail au calme, à la maison, pour enfin, enfin, avancer un peu.

Moi qui planifiais benoîtement et tranquillement mes errances masculines entre disponibilités conjugales et punitions mensuelles écarlates, reléguant mon ancien employeur au rang de nuisance, moi qui parsemais régulièrement mon clavier de mots sensuels et sexués, moi qui jonglait avec tant de délectation entre tous ces univers…

La malédiction d’Eve frappe aujourd’hui, et j’en suis toute étonnée. Déjà ? bah oui, déjà. Ca fait déjà un mois ? Sûrement… Et puis… Ne m’a t-on pas dit hier soir, au cours des quelques minutes de répit entre retour au bercail et écroulement sous la couette, que ma nuit de mercredi prochain n’appartiendrait qu’à moi ? Si, je crois bien… Mais il aura fallu 24h pour que l’information soit enfin processée…Mais de toute façon, que vais-je donc trouver la force  d’en faire, si ce n’est empiler mes checklists en grelottant toute seule ?

Chères errances masculines, chère Dark Side of Myself, chère Laura, je ne vous oublie pas… Enfin, si, je vous avais (presque) oubliées… Juste, c’est la première fois de ma vie que je prends (presque) autant de plaisir à travailler qu’à jouir…

En mai, fait ce qu’il te plait ? Oh oui alors…  D'ailleurs, si on pouvait commencer plus tôt... 

Par NoSexLastNight - Publié dans : Laura
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Jeudi 5 février 2009 4 05 /02 /Fév /2009 20:46

Ce sont ces moments là pour moi qui sont le plus difficiles à vivre. Les moments d’abandon total, les moments où on se laisse aller à être soi à 100%, et où la présence de l’autre est incluse dans ce 100%.

 

Juste, Raf, nous n ‘avons pas la même définition de l’intimité, et nous n’avons pas fait les mêmes choix. Sont-ce vraiment des choix d’ailleurs ? Tu vas sûrement trouver ça anectotique Rafou, mais vois-tu, ce que moi je n’arrive pas à partager avec un autre, c’est le silence.

 

Le silence complice et confortable de deux personnes qui sont aussi bien ensemble silencieux dans la même pièce que s’ils étaient seuls chacun de leur côté. Seuls, et donc libres. Se sentir libre avec quelqu’un, ça, c’est un des miracles que je vis au quotidien avec mon chéri. Une première pour moi. Et puis, il y a dormir aussi. Partager son sommeil, c’est sûrement un des actes les plus intimes qui soit, s’abandonner au regard et au toucher de l’autre dans toute la faiblesse de son conscient et de son inconscient. C’est le seul aspect des rares nuits complètes passées avec un autre qu’il m’a été parfois difficile d’assumer le lendemain matin, les yeux dans les yeux du miroir. Dormir avec un autre… Ca, oui, c’est quelque chose qui me mets mal à l’aise. Parce qu’en effet, je partage avec un autre une intimité véritablement spécifique, véritablement personnelle. Parce que peut-être est-ce un vrai morceau de moi que je laisse en pâture ?

 

Il y a lire pelotonnée pendant des heures contre quelqu’un aussi et plus extraordinaire encore, pouvoir écrire dans la même pièce que quelqu’un. Ca, avant mon aimé, ça ne m’était jamais arrivé. Je ne pensais pas d’ailleurs que ce soit possible pour une veille fille revêche et solitaire comme moi. Laisser courir les mots sur le bout de ses doigts, faire un lien direct entre les arcanes et les circonvolutions du cerveau et leur matérialisation dans le monde physique avec quelqu’un à ses côtés, sans pour autant se sentir envahie ou surveillée ou bridée… Elle est là, l’intimité et l’exclusivité que nous partageons et qui n’appartient qu’à lui et à nous deux. C’est cette intimité là que je ne pourrai jamais partager avec un autre. C’est cette intimité là, ce lien là, qui nous uni si fortement et si profondément l’un à l’autre. Malgré tout.

 

Le baiser, les caresses, la pénétration, la tendresse même, c’est complètement autre chose. Tous ces gestes du désir et du plaisir se suscitent les uns les autres et se réinventent à chaque fois, quel que soit le partenaire. Ils sont par essence uniques, ponctuels. Jamais totalement identiques, jamais totalement différents… Je ne galvaude en rien ni mon intégrité physique ni mon intimité, ni celles du couple que je forme avec mon chéri, en participant à ces moments d’échanges, en créant ce type de sensations-là avec un autre. Mon âme reste mienne, et surtout, elle reste sienne.

 

Par NoSexLastNight - Publié dans : L. écrit
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